Lomé s’apprête à vibrer au rythme des Afropéennes, dont la quatrième édition se tiendra du 20 au 22 février 2026. Désormais bien installé dans l’agenda culturel de la capitale togolaise, le festival s’affirme comme un espace de dialogue artistique entre l’Afrique et l’Europe, à travers des propositions musicales hybrides et ouvertes sur le monde.
Porté par Togo Créatif, l’événement investira plusieurs lieux emblématiques, notamment le marché de Cacaveli et l’Institut français du Togo. La programmation de cette année mêle figures confirmées et nouvelles voix, avec un fil conducteur particulier : les musiques insulaires, envisagées comme des territoires de circulation, de métissage et de renouvellement culturel.
La scène togolaise y sera largement représentée avec des artistes tels que Dieudonné Wila, Joachim Migos, Dogo du Togo et Senzaa, aux côtés de musiciens venus du Cap-Vert, de la République du Congo, de La Réunion, de la Guadeloupe et des États-Unis. Une diversité géographique qui illustre l’ambition du festival de croiser les esthétiques et les trajectoires artistiques.
Pour Florent de la Tullaye, programmateur des Afropéennes, l’objectif est double : « faire découvrir au public de Lomé des artistes reconnus ailleurs mais encore peu visibles localement, tout en offrant aux artistes togolais très suivis ici l’opportunité de toucher d’autres publics ». Une logique d’échanges et de passerelles qui constitue l’ADN du festival.
Au-delà des concerts, l’édition 2026 intègre un concours Open Mic consacré au freestyle rap et au chant. Pensé comme un véritable tremplin, ce dispositif s’adresse aux jeunes talents, avec des finales organisées en public devant un jury de professionnels. Certaines étapes de l’Open Mic seront délocalisées dans des quartiers à forte présence juvénile, notamment Agoè, afin de renforcer l’ancrage local de l’événement.
La fréquentation du festival connaît d’ailleurs une progression constante. Après avoir réuni environ 5 000 spectateurs en 2023 et 2024, Les Afropéennes ont franchi le cap des 8 000 participants en 2025. Les organisateurs espèrent maintenir cette dynamique ascendante pour l’édition 2026.
Sur le plan institutionnel, le festival s’inscrit dans le cadre du programme Togo Créatif, soutenu par l’Union européenne à hauteur de 6,16 millions d’euros sur six ans. Ce programme accompagne plusieurs secteurs de la création, en particulier les arts de la scène. Pour Stéphane Blanchon, directeur de l’Institut français du Togo, ces financements publics « permettent de structurer la formation, la création et la diffusion de la richesse artistique togolaise, au niveau national comme international ».