L’activiste togolais Ayayi Togoata Apédo-Amah dénonce une dictature militaro-familiale qui étouffe le pays depuis plus de cinquante ans. Selon lui, la véritable grandeur d’une nation ne réside pas dans la soumission, mais dans la capacité de ses citoyens à s’opposer, à critiquer et à résister.
Beaucoup de Togolais sombrent dans le découragement face à la brutalité et aux injustices du régime. Mais d’autres, plus combatifs, refusent la résignation et poursuivent la lutte pour la liberté. Les manifestations politiques de juin et août 2025 ont rappelé que l’élan de résistance reste bien vivant, malgré les tentatives du pouvoir de le faire passer pour un destin « divin ».
Entre soumission et complicité
Ayayi Togoata pointe la responsabilité des élites opportunistes et des réseaux qui gravitent autour du pouvoir. Profitant du système en place, ils ferment les yeux sur la misère et la répression qui frappent la majorité. Pour lui, ces « béni-oui-oui » ne sont rien d’autre que des complices de l’oppression.
La voix des dissidents
Malgré les censures et les coupures d’Internet, la contestation se poursuit, notamment sur les réseaux sociaux. Des journalistes comme Ferdinand Ayité incarnent cette résistance. Contraint à l’exil après son emprisonnement, il est devenu une voix écoutée par des milliers de Togolais, lassés de la corruption et des abus du régime.
Une histoire de luttes
Le combat pour la liberté ne date pas d’hier. Dans les années 1980 déjà, des intellectuels et militants ont contribué à affaiblir le parti unique du général Éyadéma, ouvrant la voie aux revendications démocratiques. Depuis, le 5 octobre 1990 reste une date symbolique du soulèvement populaire.
Aujourd’hui encore, écrivains, artistes et leaders d’opinion poursuivent cet engagement, convaincus que la résistance culturelle et politique prépare le changement. Pour Apédo-Amah, le pouvoir en place est devenu une fin en soi, sans vision ni projet de société, et doit céder la place.
L’espoir d’un peuple
L’activiste conclut que la véritable force d’un peuple réside dans ses esprits critiques et ses dissidents. Face à un régime qui s’appuie sur la peur et la répression, le courage de dire « non » ouvre la voie à l’espérance. Selon lui, la peur a déjà changé de camp et la libération du Togo est inévitable.