Le ministre d’État chargé de l’Agriculture, le commandant Ismaël Sombié, a effectué le 2 mars 2026 une visite à Bagré, dans la région du Nakambé, pour évaluer l’état d’avancement des aménagements hydro-agricoles et suivre la production de vigne et de cultures maraîchères en pleine campagne de saison sèche.
Cap sur la production locale de vin
À Bèga, le ministre a visité un vignoble de 4 hectares déjà exploités, avec une extension prévue de 6 hectares supplémentaires. Plus de 17 000 pieds de vigne irrigués ont été mis en terre et commencent à produire leurs premiers fruits.
L’objectif est clair : lancer une production locale de vin afin de réduire la forte dépendance du pays aux importations. Selon Prosper Zemba, directeur des productions végétales au ministère, le Burkina Faso consacre environ 100 milliards de F CFA par an à l’importation de vins. Produire localement permettrait de limiter la sortie de devises et de conserver ces ressources dans l’économie nationale.
Riziculture et valorisation des infrastructures
À Grimogo, le ministre s’est également rendu sur un vaste chantier d’aménagement de canaux destinés à la riziculture. La plaine concernée s’étend sur 2 194 hectares, avec 25 kilomètres de canaux en cours d’aménagement pour irriguer les parcelles.
L’ambition est de rentabiliser durablement les infrastructures hydrauliques, notamment le barrage de Bagré, en passant d’une exploitation saisonnière à trois campagnes agricoles par an, tout en assurant une gestion pérenne des ressources en eau.
Stocks stratégiques et régulation des prix
Toujours à Bagré, le ministre a visité un magasin de stockage de maïs de la SONAGESS, d’une capacité de 1 000 tonnes de sacs.
Selon son directeur général, Stéphane Gildas Tiendrébéogo, une campagne nationale de collecte a permis de rassembler 56 381 tonnes sur un objectif de 57 000 tonnes. Ces stocks alimentent le Conseil national de sécurité alimentaire et servent à constituer trois réserves :
- le stock national de sécurité pour faire face aux crises alimentaires
- le stock d’intervention pour les besoins urgents
- le stock commercial de régulation pour influencer les prix du marché
La SONAGESS prévoit de stabiliser le sac de maïs de 50 kg à 8 500 F CFA sur tout le territoire. L’objectif est aussi de faire baisser le prix du riz local de 25 kg à moins de 10 000 F CFA, contre 12 000 à 13 000 F CFA actuellement.
Valoriser le label « Burkina Faso »
Le commandant Ismaël Sombié a insisté sur la réduction des coûts de main-d’œuvre et l’amélioration de l’emballage des produits agricoles afin de renforcer la compétitivité du label « Burkina Faso », notamment en vue de l’exportation.
La visite s’est achevée au barrage de Gourougou. Construit en 2016 pour un coût de 1,5 milliard de F CFA, l’ouvrage était resté inexploité pendant près d’une décennie malgré une capacité de 2,5 millions de m³ d’eau. Une initiative de valorisation a été lancée pour exploiter les 35 hectares du site. Actuellement, 10 hectares sont aménagés, avec l’objectif d’étendre progressivement les superficies et de produire en continu, y compris en saison humide, notamment du riz et du maïs.
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