Le 31 décembre 2025, le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a accordé des mesures de grâce et de clémence à 1 511 détenus, dont 75 prisonniers d’opinion. Ces libérations ont permis à plusieurs bénéficiaires de célébrer le Nouvel An auprès de leurs proches. Selon les autorités, cette décision visait à instaurer un climat d’apaisement et à « permettre au pays de regarder vers l’avenir ».
Dans l’opinion publique, beaucoup espéraient toutefois voir figurer parmi les bénéficiaires Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du chef de l’État, incarcéré depuis avril 2009. Condamné à 20 ans de réclusion dans une affaire de tentative d’atteinte à la sûreté de l’État, l’ancien ministre de la Défense totalise aujourd’hui plus de 16 années de détention. Son absence de la liste des libérés a suscité une profonde déception.
Pour de nombreux Togolais, l’esprit de réconciliation évoqué par les autorités devait d’abord s’exprimer au sein même de la famille présidentielle avant de s’étendre à l’ensemble de la société. D’autant que l’état de santé de Kpatcha Gnassingbé, jugé fragile, est régulièrement évoqué. Il avait notamment été évacué au Gabon pour y subir une intervention chirurgicale, avant d’être reconduit en détention en août 2023.
Au fil des années, plusieurs demandes de grâce présidentielle ont été introduites par ses avocats. Parallèlement, des personnalités politiques et religieuses, des chefs d’État de la sous-région, ainsi que des organisations internationales de défense des droits humains, ont multiplié les démarches en sa faveur. Amnesty International, qui lui a rendu visite à plusieurs reprises, a notamment plaidé pour sa libération, tout comme d’autres acteurs internationaux.
Des sources indiquent également que des initiatives discrètes ont été menées par des dignitaires traditionnels de Pya, village natal des deux frères, dans l’espoir de favoriser une réconciliation familiale. Les Nations unies auraient, de leur côté, souligné que l’ancien député de la Kozah avait purgé une large partie de sa peine, le rendant éligible à une libération conditionnelle selon les standards en vigueur.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) se serait aussi penché sur sa situation, recommandant un élargissement pour raisons sanitaires. À ces éléments s’ajoutent des décisions judiciaires internationales, notamment un arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO estimant que Kpatcha Gnassingbé et ses coaccusés n’avaient pas bénéficié d’un procès équitable, ainsi que l’avis du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, appelant à sa libération.
L’ensemble de ces démarches a alimenté, fin 2025, des rumeurs annonçant sa libération imminente. Celles-ci se sont toutefois révélées infondées. D’autres spéculations ont ensuite circulé, affirmant que l’intéressé aurait refusé la grâce présidentielle. Des proches démentent catégoriquement cette version, assurant qu’aucune proposition officielle ne lui a été soumise et qu’il n’a jamais décliné une éventuelle mesure de clémence.
Selon ces mêmes sources, Kpatcha Gnassingbé continue de prôner le pardon et la réconciliation auprès de ses visiteurs, affirmant ne représenter aucune menace politique. Malgré ces signaux, aucune évolution n’a été enregistrée à ce stade. L’ancien ministre de la Défense demeure incarcéré et semble, sauf revirement, destiné à purger l’intégralité de sa peine.