Au Togo, l’intégration de l’approche genre avance progressivement, avec des effets économiques réels, mais encore marqués par de fortes disparités selon les secteurs. Dans les instances de décision, la présence féminine demeure limitée : les femmes représentent 13,33 % des membres du gouvernement, 21,24 % des députés à l’Assemblée nationale et 26,22 % des sénateurs. Elles occupent également 20 % des postes de gouverneurs régionaux, tandis que leur part reste inférieure à 15 % au sein des conseils municipaux et régionaux. Ces données, issues du Document budgétaire sensible au genre 2026, illustrent des progrès notables, mais aussi la persistance de barrières dans l’accès aux postes de responsabilité.
Sur le plan des finances publiques, les dépenses intégrant la dimension genre se sont élevées à 32,02 milliards de francs CFA en 2024, soit 1,4 % du budget de l’État, avec un taux d’exécution avoisinant 90 %. À l’horizon 2026, les prévisions atteignent 61,4 milliards de francs CFA, correspondant à 5,22 % du budget national. Toutefois, cette évolution masque d’importants écarts entre ministères, certains secteurs stratégiques consacrant moins de 0,05 % de leurs ressources à des actions sensibles au genre.
Au niveau institutionnel, plusieurs mécanismes ont été mis en place pour renforcer la protection et l’accès des femmes à leurs droits. Il s’agit notamment des maisons de justice, des maisons de la femme et des centres intégrés de prise en charge des violences basées sur le genre. Ces initiatives sont complétées par une division dédiée à la promotion féminine au sein de la Commission des droits de l’homme, ainsi que par les actions de l’Agence de transformation agricole, engagée en faveur de l’égalité en milieu rural.
Malgré ces avancées, l’autonomisation économique des femmes reste freinée, en particulier par les difficultés d’accès au financement. D’après l’ONG Entrepreneurs du Monde, les femmes entrepreneures font face à davantage d’obstacles dans le système bancaire, dans un contexte où seule une personne sur quatre dispose d’un compte bancaire. Le Fonds national de la finance inclusive, dont 65 % des bénéficiaires sont des femmes, contribue toutefois à réduire partiellement ces inégalités.
Par ailleurs, les réformes engagées par le Togo ces dernières années lui ont permis d’obtenir un score de 97,5 % dans le rapport Femmes, Entreprise et Droit 2024 de la Banque mondiale. Le principal défi demeure désormais l’application concrète de ces mesures, notamment à travers un cadre juridique pleinement effectif.