Le Togo a une nouvelle fois porté haut la voix de l’Afrique à Genève. Le 23 octobre 2025, lors d’un événement de haut niveau consacré à la réparation des injustices historiques, le ministre togolais des Affaires étrangères, Professeur Robert Dussey, a lancé un appel fort devant les Nations Unies pour que justice soit rendue au continent africain.
Dans son discours au Palais des Nations, il a invité la communauté internationale à reconnaître officiellement l’esclavage, la déportation et la colonisation comme des crimes contre l’humanité. Il a également exhorté les États et les organisations multilatérales à mettre en place un processus global et inclusif de réparation fondé sur le droit.
« Justice for Africa Now ! »
Le chef de la diplomatie togolaise a dénoncé le silence persistant autour des crimes commis contre l’Afrique. Selon lui, les peuples africains attendent depuis des siècles une justice qui tarde à venir.
« Leur humanité a été déniée, leurs biens et leurs cultures spoliés. Tout est passé en Afrique, sauf la justice », a-t-il déclaré, avant de lancer un cri fort : « Justice for Africa now ! »
Pour le ministre, l’ordre mondial établi après la Seconde Guerre mondiale a longtemps ignoré les souffrances historiques du continent. Aujourd’hui, alors que les équilibres géopolitiques se redessinent, il estime qu’il est urgent de faire entendre la voix de l’Afrique et de réparer les torts du passé par le droit.
Un engagement togolais réaffirmé
Robert Dussey a rappelé que, sous la direction du président Faure Essozimna Gnassingbé, le Togo avait initié une décision adoptée à l’unanimité par l’Union africaine le 16 février 2025 à Addis-Abeba. Cette décision reconnaît officiellement l’esclavage, la déportation et la colonisation comme des crimes contre l’humanité et des actes de génocide contre les peuples d’Afrique.
Ce texte s’inscrit dans la continuité de la Décennie des racines africaines et de la diaspora africaine (2021–2031), adoptée par l’Union africaine en 2021. Pour Lomé, cette démarche constitue une étape essentielle vers la justice, la réconciliation et la construction d’un avenir commun fondé sur le respect et l’équité entre les peuples.
Appel à un processus mondial de réparation
Le ministre togolais a également mis en garde contre le sentiment de « deux poids, deux mesures » qui mine la crédibilité des institutions internationales. Selon lui, le manque d’initiatives concrètes entretient l’idée d’une hiérarchie entre les victimes selon leur origine ou leur couleur de peau.
Pour restaurer la confiance et redonner du sens à la justice internationale, il a appelé les Nations Unies à adopter une résolution ouvrant la voie à un processus global, inclusif et concerté de réparation pour les peuples d’Afrique.
« La cause africaine ne doit plus être confinée à l’Afrique seule. C’est l’humanité tout entière qui doit assumer cette part d’histoire », a-t-il conclu.