Le Togo affiche des avancées en matière d’électrification. Selon les données publiées fin décembre 2025 par le ministère en charge de l’Énergie et des Ressources minières, le taux d’accès à l’électricité aurait atteint 75 % au niveau national, contre 70 % en 2024. Une progression de cinq points présentée comme le résultat des investissements engagés pour étendre la couverture sur l’ensemble du territoire.
Les autorités mettent en avant plusieurs projets structurants, notamment la centrale solaire de Blitta, d’autres initiatives photovoltaïques en cours, ainsi que le programme CIZO et le Fonds Tinga, soutenus par la World Bank et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).
Sur le terrain toutefois, la situation apparaît plus contrastée. Dans plusieurs quartiers de Lomé, notamment Agoè-Alinka, Togblékopé, Fidokpui, Dikamé, Sivedome, Sanguéra ou encore Akato, de nombreux ménages recourent à des branchements informels, souvent qualifiés de « réseaux araignée ». Ces installations anarchiques, réalisées en dehors des normes techniques, posent d’importants risques de sécurité.
Face à ce phénomène, le gouvernement a adopté une nouvelle réglementation visant à encadrer strictement les raccordements. Désormais, aucune mise sous tension ne pourra être effectuée sans un contrôle technique préalable. Seuls des installateurs agréés et des organismes habilités sont autorisés à intervenir sur le réseau. Toute opération réalisée en dehors de ce cadre officiel est passible de sanctions financières et pénales.
Les autorités justifient ce durcissement par des impératifs sécuritaires et économiques. Les branchements irréguliers augmentent les risques d’incendie, d’électrocution et de pannes récurrentes, tout en générant des pertes financières pour la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET). Ces pertes freinent, selon elles, les investissements nécessaires à la modernisation du service public.
Des observateurs estiment néanmoins que la seule répression des installations informelles ne suffira pas à enrayer le phénomène. Ils soulignent que l’extension effective du réseau électrique demeure la condition essentielle pour réduire durablement les raccordements illégaux, notamment dans les quartiers périphériques et certaines zones encore insuffisamment desservies.
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