Le gouvernement a lancé mardi 9 septembre 2025 à Djemeni, dans la commune Haho 2, une campagne de distribution de 100.000 kits scolaires destinés aux filles du primaire, des collèges et des lycées publics. L’opération couvre environ 800 localités à travers le pays.
Présidée par Sandra Ablamba Johnson, Secrétaire générale de la Présidence du Conseil, la cérémonie s’est tenue au nom du chef de l’État Faure Gnassingbé, en présence de plusieurs personnalités.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’Autonomisation des Femmes et du Dividende Démographique plus (SWEDD+ Togo), soutenu par la Banque mondiale et le Fonds des Nations Unies pour la Population. Avec un financement global de 62,5 millions de dollars (environ 37,5 milliards FCFA), le projet vise à soutenir plus d’un million de filles et de femmes togolaises. Les priorités concernent l’accès à l’éducation, l’autonomisation économique, notamment dans l’agriculture, et l’amélioration des services de santé reproductive.
L’objectif affiché est clair : réduire les disparités d’accès à l’éducation et s’assurer que les élèves vulnérables, en particulier les filles et les enfants en situation de handicap, bénéficient de meilleures conditions de scolarisation.
Un contraste avec l’état des infrastructures scolaires
Si l’initiative est saluée pour son ambition, elle soulève aussi des interrogations. Plusieurs établissements scolaires, notamment le Lycée 2 Février d’Agbalepedogan, l’EPP Totsi Zoka-Legba ou encore le CEG Boka-Nyekonakpoé à Lomé, sont démolis ou laissés en ruine depuis plus de deux ans. À l’intérieur du pays, de nombreuses écoles fonctionnent encore dans des bâtiments délabrés.
Face à ces réalités, certains observateurs estiment qu’une partie des ressources investies dans la distribution de kits pourrait être mieux utilisée pour réhabiliter ou construire des infrastructures scolaires. Car au-delà des fournitures, c’est la qualité et la sécurité des lieux d’apprentissage qui conditionnent réellement l’avenir des élèves.
Une question de gouvernance et de priorités
Si le projet SWEDD+ a pour vocation d’élargir l’accès à l’éducation et de promouvoir l’égalité des sexes, son application au Togo pose la question de l’équité. Tous les élèves n’en bénéficient pas, alors même que l’éducation reste un droit universel. Certains rappellent que ce type de programmes pourrait relever davantage de la responsabilité sociale des entreprises ou d’initiatives d’ONG, plutôt que de mobiliser des financements internationaux d’une telle ampleur.
Pour de nombreux citoyens, la véritable gouvernance passe par une vision adaptée aux réalités locales : réhabiliter les écoles en ruine, offrir des infrastructures dignes et pérennes, et faire de l’éducation un levier de développement global.