Un groupe de jeunes détenus politiques incarcérés à la prison civile de Lomé a adressé une lettre ouverte au pape Léon XIV. Par cette démarche, ils espèrent attirer l’attention du Vatican et de la communauté internationale sur ce qu’ils décrivent comme une situation extrêmement préoccupante pour de nombreux jeunes engagés dans la lutte pour la justice et la démocratie au Togo.
Cette initiative est portée par René Missodé Koffi, alias A votre avis, créateur de contenu suivi par une large audience et devenu l’une des voix critiques les plus connues du pays. Son état de santé s’est récemment détérioré, selon des sources proches de la prison. Il a été transféré au CHU Tokoin le 10 octobre avant d’être reconduit en détention quatre jours plus tard.
Dans leur lettre au souverain pontife, les détenus disent vouloir « éveiller la conscience morale du monde ». Ils appellent le Pape à user de son influence pour encourager le dialogue, la paix et le respect de la dignité humaine au Togo. « Très Saint Père, nous faisons appel à votre compassion et à votre voix morale, qui résonne dans le monde entier », écrivent-ils.
Le collectif dénonce un climat de peur, de violences et de répression visant, selon eux, une large partie de la jeunesse engagée. Ils espèrent que l’Église catholique pourra contribuer à faire évoluer la situation et à promouvoir le respect des droits fondamentaux.
La lettre est signée par René Missodé Koffi, Aziakou Komi Blaise et Amévor Komi Blaise.
Arrêté le 27 juin 2025 lors d’un direct sur TikTok dans lequel il critiquait la répression des manifestations de juin, René Missodé Koffi avait, selon plusieurs organisations de défense des droits humains, été enlevé puis détenu dans un lieu secret et torturé. Il avait ensuite été présenté à la police judiciaire avant d’être placé sous mandat de dépôt pour « trouble aggravé à l’ordre public », « atteinte à la sûreté intérieure de l’État » et « incitation à la révolte populaire ». Depuis son incarcération, il continue de dénoncer les conditions de détention et le traitement réservé aux prisonniers politiques.