Face à la crise sécuritaire persistante dans le nord du Togo, le gouvernement mise sur des solutions durables et inclusives pour lutter contre les causes profondes de la radicalisation et enrayer le recrutement des jeunes par des groupes extrémistes.
Parmi les initiatives concrètes figure la construction d’un centre régional de l’artisanat à Dapaong, capitale de la région des Savanes — une zone fortement touchée par les débordements de violence en provenance du Sahel.
Former des compétences, pas seulement ériger des barrières
Le nouveau Centre Régional de l’Artisanat, actuellement en construction, est conçu comme un espace multifonctionnel dédié à :
- La formation des jeunes artisans aux techniques traditionnelles et modernes,
- La promotion de la créativité et de l’innovation locales,
- Le renforcement de la chaîne de valeur des textiles, tissage, poterie et travail du bois.
Ce projet va bien au-delà de la préservation culturelle — c’est une stratégie économique et sécuritaire visant à transformer l’artisanat en levier d’emploi, de dignité et de stabilité dans une région vulnérable.
« Il est essentiel de disposer d’une infrastructure de ce type, qui non seulement valorise nos savoir-faire traditionnels, mais encourage aussi l’excellence et la qualité dans la chaîne de valeur textile », a déclaré Kayi Mivedor-Sambiani, ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation locale, lors d’une visite sur le site.
Lutter contre l’extrémisme par l’opportunité
Face au chômage des jeunes et au manque d’opportunités économiques, les jeunes du nord du Togo sont particulièrement exposés aux risques de recrutement par des réseaux illégaux ou des groupes extrémistes. Le centre de l’artisanat vise à rompre ce cycle en proposant :
- Une formation professionnelle gratuite ou à faible coût,
- Un accès aux outils, matériaux et mentorat,
- Et des débouchés vers l’auto-emploi ou l’intégration dans des entreprises locales.
En professionnalisant le secteur artisanal, le gouvernement entend :
- Accroître la compétitivité des produits locaux,
- Ouvrir de nouveaux marchés nationaux et d’exportation,
- Et créer des centaines d’emplois qualifiés pour les jeunes et les femmes.
Un centre de résilience et de fierté
Attendu pour une ouverture d’ici fin 2025, le centre sera bien plus qu’un lieu de formation — il deviendra un symbole de résilience, où les jeunes pourront construire un avenir ancré dans leur héritage et leurs compétences.
Il s’inscrit également dans le cadre des stratégies nationales comme le Programme National de Développement (PND) et le Programme de Promotion de l’Emploi des Jeunes (PROMO-J), renforçant l’engagement de l’État en faveur d’une croissance inclusive.
De la vulnérabilité à l’autonomisation
Cette initiative illustre une prise de conscience croissante : la sécurité ne se limite pas à la réponse militaire, elle passe aussi par l’inclusion économique. En investissant dans le capital humain et les économies locales, le Togo construit un front civil contre l’extrémisme — un artisan à la fois.
Comme l’a souligné un artisan local :
« Quand un jeune peut vivre de ses mains, il a moins de raisons de prendre une arme. »
Appel à l’action :
La formation professionnelle peut-elle vraiment prévenir la radicalisation ? Quels autres secteurs pourraient aider à autonomiser les jeunes dans les zones fragiles ? Partagez vos idées en commentaire — explorons ensemble des solutions au-delà du champ de bataille.