L’Eurodéputé irlandais Sean Kelly a de nouveau interpellé les autorités togolaises sur le cas d’Abdoul Aziz Goma, citoyen irlandais détenu à Lomé. « Son courage face à la torture et à l’injustice devrait faire honte à ceux qui sont responsables de son emprisonnement », a-t-il déclaré, rappelant que de nombreux prisonniers politiques connaissent le même sort au Togo.
Le 11 septembre, le Parlement européen a adopté une résolution demandant la libération immédiate d’Aziz Goma et de l’ensemble des détenus politiques. Cette décision s’ajoute à plusieurs appels déjà formulés par des organisations internationales et régionales, dont la Cour de justice de la CEDEAO qui, en 2023, avait exigé la libération et l’indemnisation des prisonniers concernés.
Malgré ces multiples interpellations, le gouvernement togolais maintient sa position. Le 12 septembre, le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, a convoqué l’ambassadeur de l’Union européenne à Lomé pour lui rappeler la « souveraineté » du Togo et affirmer que la justice nationale agit « en toute indépendance et conformément aux standards internationaux ».
Cependant, les organisations de défense des droits humains dénoncent une justice instrumentalisée et des conditions de détention alarmantes. Selon leurs témoignages, Aziz Goma et d’autres détenus politiques n’auraient pas accès à un suivi médical approprié. Dix prisonniers seraient déjà décédés en détention au cours des dernières années.
Le cas d’Aziz Goma est particulièrement préoccupant. Son état de santé se serait fortement détérioré, et son entourage dément catégoriquement les affirmations officielles selon lesquelles il aurait refusé une remise en liberté conditionnelle. Selon certaines sources, des pressions auraient été exercées sur lui pour l’empêcher de mener une grève de la faim, notamment via la signature forcée d’un document présenté comme lié à une libération conditionnelle.
Au-delà de l’affaire Goma, la société civile togolaise continue de dénoncer les arrestations arbitraires et les conditions de détention des opposants et militants. Parmi eux figurent des femmes, dont l’une aurait été arrêtée alors qu’elle allaitait son enfant.
Pour de nombreux observateurs, l’affaire illustre la persistance d’un climat de répression et de méfiance entre les autorités togolaises et leurs citoyens. Les appels internationaux à la libération des prisonniers politiques se multiplient, mais jusqu’ici sans réponse concrète de la part de Lomé.